ASSOCIATION SAUVER L'IMZAD

Une ASSOCIATION à découvrir : Sauver l’imzad

“J'adore humblement les actes hauts qui ont donné à l'imzad mieux qu'une âme.”

II était une fois, il y a longtemps, si longtemps une poétesse. En fait, une princesse de la poésie. Sa muse qui faisait vibrer les cœurs lui a faisait dire : " Préfère à toutes voix, préfère avec moi la voix de l'imzad, le violon qui sait hanter. Et ne sois pas étonnée qu'il n'ait qu'une corde faisant perdre la tête à tous les habitants de ce pays. " En fait, ce violon était LEUR espace : Dassine la poétesse, princesse de la poésie sa vie durant sublima cet instrument. "Mon imzad à moi est à lui seul tout l'espace qui vous appelle. "

Oui, c'était un instrument mythique. Le Père de Foucauld décrivait l'imzad comme son instrument de musique favori, noble, élégant par excellence. Et c'est vrai qu'il rappelle le violon. Il se compose d'une demi-sphère de calebasse garnie d'une peau de chameau percée de deux ornes, au-dessus de laquelle est tendue une corde unique de crin de cheval. L'archet est, quant à lui, constitué d'une autre corde de crin de cheval.

Un savoir culturel ancestral

De tout temps, l'ahal a constitué un rassemblement mondain, littéraire et musical. De tout temps, les exploits y étaient racontés avec force expressions raffinées et chatoyantes. Jusqu'à nos jours, de Tamanrasset à Djanet, d'Agades à Niamey ou le Kidal à Bamako, partout dans l'Ahaggar, le Tassili des Ajjer, l'Air ou l'Adrar des Ifoghas, au milieu de ces massifs, résonne encore le son de cette complainte musicale émise par l'Imzad qui continue à accompagner des poèmes et des histoires romancées. On ne peut parler de l'ahal et de l'imzad sans faire référence à la belle Dassine, déesse de l'Ahaggar, reine de beauté et virtuose de l'ahal et de l'imzad. Si l'histoire des Touaregs est intimement liée au désert, elle l'est aussi pour le rôle essentiel qu'y joua la femme. En effet, originellement, le premier noyau touareg a été constitué par la noble Tin Hinan et Takama. D'ailleurs, l'art et la musique étaient leur domaine réservé. Seules les femmes-artistes avaient le droit de faire vibrer l'imzad. Aujourd'hui, sept vieilles dames se partagent encore ce savoir. Cet instrument reste toujours aussi prisé, et les hommes continuent à l'accompagner par des vers chantés et cadencés avec leur hor-hoo notamment dans les soirées de " tindi ", réplique de l'illustre " ahal ". Aujourd'hui, grâce au cœur de ces femmes, le cœur de cette culture bat encore.
Mais demain si nous n'aidons pas les dernières de cette lignée de virtuoses à régénérer l'imzad, c'est toute une histoire, une épopée qui sera engloutie dans l'abîme de l'oubli.

Farida SELLAL

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Mme Farida Sellai a commencé sa carrière dans les années 70. Diplôme d'ingénieur de télécommunication.
1ère Directrice des postes et télécommunications à la wilaya "préfecture" de Tamanrasset de 1975 à 1986.
Elle suit des études en préparant un Magister de microélectronique à Sidi Bel Abbès, puis elle avait enseigné à l'université d'Oran, Sidi Bel Abbès et Alger (Bab Ezzouar) ; 1994, en Tunisie, elle se spécialise dans les normes ISO et système qualité, elle travaille en qualité de Directrice Générale à la société franco-tunisienne Euro Maghreb partners. Chargée de mission à l'entreprise STIP (Société Tunisienne lndgest des Pneu­matiques), puis Directrice de management, Directrice Générale d’EMP pendant 4 ans en Tunisie et Consultante free-lance auprès de l’ONUDI pendant 2 ans et demi.

 

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Farida Sellal et l’Association « Sauver l’imzad »

Cette association à but non lucratif créée et agréée à cet effet le 27 octobre 2003 sous le numéro 53/2003, dénommée " Sauver l'imzad ", s'est donné pour mission de contribuer à faire connaître, sauvegarder et développer l'imzad afin de préserver ce patrimoine musical et culturel et de le transmettre aux générations futures et dignes héritières de Dassine et de tant d'autres. Ses principaux objectifs sont notamment : la création d'un espace de préservation d'un vecteur culturel puissamment ancré dans la société touarègue, la création d'une école d'imzad à Tamanrasset en collaboration avec les secteurs de la culture et la formation professionnelle, la satisfaction en qualité et en quantité des besoins culturels locaux à travers une demande effective, la sauvegarde d'un patrimoine socioculturel local et mondial, la préservation et la promotion d'un instrument et d'un genre musical ancestral. Elle faut agir en consolidant l'association qui a déjà mis en place le cadre général pour former dans une première phase 132 filles à Tamanrasset, 25 d'entre elles ayant déjà accompli leur formation. En encouragent les autorités locales de Tamanrasset et d'Illizi ainsi que les associations poursuivant les mêmes objectifs, notamment " La Fondation Désert du Monde ". En appuyant les organismes de recherche chargés de la valorisation et de la promotion du patrimoine culturel national. En participant par les legs au financement de cette formation soutenue par les pouvoirs publics, en suscitant les subventions des donateurs nationaux et internationaux qui ont déjà soutenu ce projet.
F.S.
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FARIDA SELLAL
PRÉSIDENTE DE L'ASSOCIATION

Qui est la présidente de l'association "Sauver l'imzad"

Elle a déjà exposé en France pendant l'Année de l'Algérie dans plusieurs villes. Elle avait organisé une cérémonie le 17 décembre 2003 pour la création de son association et la présentation des formatrices de l'école d'imzad à Tamanrasset avec la virtuose Alamine Khawlen et la vente et dédicace du livre album intitulé Silences édité par Casbah éditions à Alger, ainsi que l'exposition de photos sur le désert, sa culture, ses beautés de femmes, ses instruments, ses Touaregs et ses animaux. Mais rappelons aussi sa formidable idée : la création de timbres concernant l'imzad à Tamanrasset qu'elle souhaiterait développer en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Communication qui le proposera au Ministère des PTT. Quel meilleur marketing de communication pour faire découvrir ce magnifique désert en particulier Tamanrasset et Djanet à tous les citoyens algériens et au monde entier ? Une superbe manière de faire du tourisme à travers ses écrits, ses photos et ces timbres, en attendant que l'Algérie se dote de meilleurs outils pour le développement et l'organisation du tourisme sur le plan international du tourisme. Un magnifique paysage de dunes et de couleurs, le rêve dans toute sa splendeur, un dépaysement total dans un grand silence ! À découvrir et surtout à sauver !
H.H.S.