ASSOCIATION SAUVER L'IMZAD
2e Rencontre Internationale d’IMZAD - Tamanrasset, du 14 au 16 janvier 2010
Thème : L'imzad, de la tradition à la modernité

 

Présentation • Jour 1 • Jour 2 • Jour 3 • Jour 4 • Conférences • Photos • Vidéos • Contact •

Abstracts et Bibliographies

 

Caroline Card Wendt

Titre de la communication : " Quelques observations sur l'identité touareg et des jeux d'imzad "
"Some Observations on Tuareg Identity and Imzad Performance Styles"

Biographie

Lieu de naissance : New York

Education

Juilliard School of Music, New York — Violon
David Mannes School of Music, New York — Violon
Montclair State College, New Jersey — Education musique, BA
Hunter College, New York — Ethnomusicologie, MA
Indiana University, Bloomington, Indiana — Ethnomusicologie, Ph.D

Recherches Touareg

Tamanrasset — 1972
Tamanrasset, Agadez, In-Gall — 1976-77

Affiliations professionelles — Ethnomusicology

University of Indianapolis (retirée) La société d’ethnomusicologie (SEM)

Bibliographie sur les Touareg

"North Africa: An Introduction." in The Garland Handbook of African Music, pp. 394-423. New York: Routledge, 2nd ed., 2008.

“Tuareg Music.” The Garland Handbook of African Music, pp. 424-459. New York: Routledge, 2nd ed., 2008.

"North Africa: An Introduction." in The Garland Encyclopedia of World Music, Vol. I (Africa), pp. 532-548. New York and London: Garland Publishing, Inc., 1998.

"Tuareg Music." In The Garland Encyclopedia of World Music, Vol. I (Africa ), pp. 574-595. New York and London: Garland Publishing, Inc., 1998

"Regional Style in Tuareg Anzad Music." in To the Four Corners. Harmonie Park Press. Festschrift in honor of Rose Brandel. Michigan: Harmonie Park Press, 1994.

"Social Classification of Tuareg Music." Resound 2 (4), Oct. 1983 (Indiana University Archives of Traditional Music), p. 3.

"Tende Music Among the Tuareg: The History of a Tradition." in Cross Rhythms, Kofi Anyidoho, Daniel Avorgbedor, Susan Domowitz, Eren Giray-Saul, Eds. Bloomington, Indiana: Trickster Press, l983, pp. 155-171.

"Tuareg Music and Social Identity." Doctoral dissertation, Indiana University. Ann Arbor: University Microfilms (DA 8301055), 1982.

"Some Problems of Field Recording for Research Purposes." in Discourse in Ethnomusicology: Essays in Honor of George List. Caroline Card, et al. eds., Bloomington: Ethnomusicology Publications Group, 1978.

"The Music of the Tuareg Tribes of the Central and Southern Sahara." Master's thesis. Hunter College, 1973.

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Dr Edda Brandes

Titre : L'IMZAD DES TOUAREGS AU MALI -
Une cause perdue pour cet instrument de musique?

Edda Brandes, Tamanrasset 2010 ©

La première partie de l'exposé traite de la situation de l'imzad dans la région de Menaka, au nord-est du Mali, observée au cours d'une brève recherche à la fin du premier décade du XXIe siècle, en décembre 2009. Deux personnalités, joueuses d'imzad Kel Ataram, vont être présentées ainsi que leur répertoire musical traditionnel. Leurs témoignages sont des enregistrements et des documents visuels. Des analyses musicales comparatives donnent l'occasion de découvrir la quantité de sons et la diversité du jeu de l'imzad.

Dans une deuxième partie, les informations tirées des enquêtes avec les joueuses vont être comparées avec les constats relatifs à l'imzad faits à Tombouctou et Gao, il y a 15 ans. Quelles sont les différences régionales et quels changements sont à observer en général et spécifiquement concernant le nombre des joueuses, la pratique des performances et la diffusion de l'instrument ?

La troisième partie touche à la modernité de « la musique touarègue » que nous rencontrons dans les groupes TARTIT, TINARIWEN et TARAKEFT. Est-ce que l'instrument de l'imzad joue toujours un rôle remarquable en tant que représentant de la culture musicale touarègue ? Est-ce que d'autres instruments l'ont remplacé ? Dans quel contexte est-il engagé ou est-il en voie de disparition ?

 

Biographie

Etudes ethno-musicologiques depuis 1974. Magister Artium à l'Université Libre à Berlin sur l'ethnohistoire. Thèse sur la musique d'imzad des femmes Kel Ahaggar à l'Université Georg-August à Göttingen. Missions ethnomusicologiques, recherches et projects différents en Chine (La musique des minorités), Afrique du nord et de l'ouest (Algérie: La musique des Touaregs. Mali: Documentation et sauvegarde de la musique traditionelle) et à Berlin (ethnomusicologie urbaine). Réalisatrice du film "Ainsi va la vie" sur l'excision des filles et femmes au Mali. Fondatrice de l'association "BENKADI Culture Espace Afrique" pour la promotion de la vie culturelle en Afrique.
Publication des Compactes Disques sous le Label benkadi fòli serie.

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Dr Mourad Yelles

Titre : La poésie féminine au Maghreb entre tradition(s) et modernité(s).

Le cas des répertoires citadins

Parmi les productions poétiques féminines les plus anciennes de l’aire culturelle maghrébine figure un ensemble de répertoires répartis entre au moins trois pays maghrébins, à savoir le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Les recherches et travaux publiés durant la période coloniale (et même post-coloniale) ont généralement eu tendance à considérer ces productions comme des productions littéraires indépendantes les unes des autres.
Un certain nombre d’études ont permis de montrer que si les pratiques culturelles auxquelles étaient souvent associées ces répertoires pouvaient effectivement présenter des spécificités propres à telle ville ou à telle région, il n’en existait pas moins un « modèle-matrice » commun à l’échelle de tout le Maghreb.
Même s’il est vrai que les phénomènes d’emprunts et de polyvalences fonctionnelles ne facilitent pas l’analyse en termes de taxinomie, il est clair cependant que ces phénomènes témoignent de la vitalité d’une certaine « veine poétique » à travers le temps et l’espace. Elle nous renseigne aussi sur la nature et les mécanismes de création et de transmission orale au Maghreb.

 

Biographie

Mourad Yelles est actuellement maître de conférences en littératures maghrébines à l’INALCO, institution qu’il a intégré après une quinzaine d’années d’enseignement au Département de Français de l’Université d’Alger, puis au sein des Départements de littérature française et comparée des universités Paris VIII et Paris III.
Spécialiste des littératures maghrébines (en arabe maghrébin et d’expression française), mais également intéressé par les productions littéraires francophones d’Amérique et des Antilles, ses travaux portent depuis plus de vingt ans sur les phénomènes de métissage des formes, des pratiques et des imaginaires à travers l'étude comparée de ces littératures (orales et écrites).
Parmi ses publications :
- Le Hawfi. Poésie féminine et tradition orale au Maghreb (Alger, OPU, 1990)
- Les Miroirs de Janus. Littératures orales et écritures postcoloniales (Alger, OPU, 2002)
- (ss la dir.) Habib Tengour ou l’ancre et la vague. Traverses et détours du texte maghrébin (Paris, Karthala, 2003)
- Les Fantômes de l’identité. Histoire culturelle et mémoires algériennes (Alger, éditions ANEP, 2004)
- Cultures et métissages en Algérie. La racine et la trace (Paris, L’Harmattan, 2005)
- Habib Tengour. L'arc et la lyre (Alger, Casbah éditions, 2006)

Par ailleurs, parallèlement à ses activités de recherche, il poursuit un projet d’écriture qui a déjà donné lieu à quelques publications dans des revues (Algérie Littérature/Actions, Phréatique, Le Jardin d’essai, Estuaires, Po&sie) ou dans des recueils collectifs (Pour Nedjma, Femmes de Timimoun, La Cendre des mots, Nouvelles d’Algérie, Couleurs solides, Sortilèges sahariens).

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Cyril ISNART

Investigador Auxiliar
Universidade de Évora, Centro Interdisciplinar de História, Culturas e Sociedades, Palácio do Vimioso
Apartado 94
7002-554 Évora, Portugal
isnartc@gmail.com

Titre
Usages ordinaires du patrimoine culturel. La patrimonialisation comme usage contemporain des « traditions »

La patrimonialisation est un processus déjà ancien, dont les modalités ne sont jamais les mêmes d’un lieu et d’un temps à l’autre. Le but en est cependant toujours une mise en valeur d’un pan de la vie culturelle d’un groupe, en vue d’une diffusion auprès d’un public plus ou moins proche de l’objet patrimonialisé.
Souvent, on approche ces processus de patrimonialisation par le haut, c’est à dire en focalisant l’attention sur les institutions émanant d’un pouvoir légitimé par le politique, que l’on pense aux ONG ou aux ministères de la culture. Cette posture est tout à fait juste et nécessaire, puisque selon les conventions internationales de l’Unesco, les Etats sont chargés de l’application des directives et de la gestion du patrimoine sur les territoires respectifs.
Mais, d’une part, il existe aujourd’hui un très fort mouvement de patrimonialisation « ordinaire », portés par des acteurs qui n’ont pas de statut politique et qui s’inscrivent de manière nuancée dans la hiérarchie du pouvoir et dans les chaînes de patrimonialisation institutionnelle. D’autre part, en nous appuyant sur la logique de « la perte durable » (Ciarcia), l’étude de ces activités patrimoniales ordinaires montre comment un objet patrimonialisé au nom de son caractère « traditionnel » permet aux acteurs de s’inscrire dans un présent et une modernité, souvent très éloignés de l’image passéiste que leur démonstration patrimoniale véhicule.
Ainsi, la patrimonialisation ordinaire apparaît comme une modalité actuelle du rapport à la culture, dont les différentes occurrences dans le monde permettent une étude comparée et qui donnent une actualité particulière aux perspectives classiques sur la « tradition », que l’anthropologie a travaillé depuis une cinquantaine d’années.

 

Biographie :

Investigador auxiliar à l’Universidade de Evora (Portugal), membre du CIDEHUS (Centro Interdisciplinar de Història, Culturas e Sociedades), Cyril Isnart est anthropologue et travaille sur la construction religieuse, musicale et patrimoniale de la localité en Europe du sud. Après une thèse à l’Université de Provence (Aix-en-Provence) sur la fabrication de saints catholiques locaux dans les Alpes méridionales (2000-2004), il s’est consacré à une ethnographie du chant, des confréries religieuses et des processus de patrimonialisation dans un village sur la frontière franco-italienne (2005-2009). Par ailleurs, il consacre une partie de son travail à l’histoire de l’ethnologie en France, et notamment aux rapports entre le folklore et l’école durkheimienne. Il participe aujourd’hui à un programme de recherche sur le cante alentejano au Portugal et mène une enquête sur les usages du patrimoine culturel immatériel en Europe du sud (pciich.hypotheses.org).

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Mohamed AGHAL-ZAKRA

INALCO – Paris

Titre : Anzad / imzad -Emblème d’une identité menacée

Anzad / imzad, selon les terminologies en usage au sud ou au nord, chez les Touaregs sahélo-sahariens, cette vièle est pour tous un symbole vivant d’une facette de leur patrimoine culturel ancestral. L’attachement à ce que représente et véhicule cet instrument témoigne d’une grande ferveur. C’est comme un lien congénital avec un passé, dont cet instrument participe à la transmission. Ces multiples rôles et fonctions transcendent les simples séances festives ou récréatives. Les tisiway, « poèmes », asak, «chants » qui l’accompagnent sont autant de sources à explorer pour pénétrer les interférences avec la mélodie de la vièle en cernant parallèlement le sens profond des textes. Notation et traduction permettent d’en assurer la diffusion en touareg et dans les langues étrangères à ce peuple.
Sauvegarder le patrimoine hérité, et encourager la vivification des productions en regard de l’évolution contemporaine, doit participer aux principales actions urgentes à mettre en application, parallèlement à la formation des jeunes.

 

Biographie

M. AGHALI-ZAKARA est enseignant - chercheur à l'Inalco où il dispense des cours de berbère (touareg). Professeur invité à l'Institut Universitaire oriental de Naples (Italie), il y dispense un enseignement sur "Histoire et Culture du Sahara et du Sahel". Il a publié divers travaux sur le monde touareg - langue, psycholinguistique, littérature et écritures libyco-berbères – ainsi qu'en Sciences de l'éducation.
Ouvrages publiés par AGHALI-ZAKARA (Mohamed)
1992 Psycholinguisque touarègue, interférences culturelles, Public. Langues'O, Paris.
1996 Eléments de morpho-syntaxe touarègue, CRB/GETIC, INALCO..
1979 Traditions touarègues nigériennes, en coll. avec J. Drouin, L'Harmattan, Paris.
1997, "Ecritures libyco-berbères - vingt-cinq siècles d'histoire", L'aventure des Ecritures, avec J. Drouin, BnF,.Paris p. 98-111 et 200-203.
2007,.Inscriptions rupestres libyco-berbères. Sahel nigéro-malien. avec J. Drouin, Préf. L. Galand, EPHE, section des sciences historiques et philologiques, Droz, Genève.
De nombreux articles dont ceux de la Lettre du Répertoire des Inscriptions Libyco-berbères.
2008, "Epigraphie et pratiques rituelles, " Lettre du Rilb 14, p. 3-5.
NB : cette lettre 14 du RILB est sur le site des publications de l’EPHE de la Sorbonne.

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François Borel

Université de Neuchâtel (Suisse)

Le répertoire des airs d’anzad de l’Azawagh et de l’Aïr (Niger)

Les répertoires des joueuses d’anzad (imzad) touarègues de l’Azawagh et de l’Aïr nigériens sont constitués d’un certain nombre d’airs (ou mélodies) qui possèdent en principe chacun un « pedigree » et un auteur (connu ou inconnu). Ces airs sont-ils assortis d’une sorte de droit d’auteur ou sont-ils tombés dans le domaine public ? Comment s’effectue leur transmission entre joueuses ? Et quelle est la terminologie la plus appropriée pour analyser et définir ces répertoires ?
L’exposé sera illustré d’exemples sonores recueillis auprès de plusieurs joueuses touarègues nigériennes.

Biographie

François Borel est ethnomusicologue et ancien conservateur adjoint au Musée d’ethnographie de Neuchâtel (Suisse), où il s’est occupé des collections d’instruments de musique, des collections d’Afrique sahélienne et des archives sonores. Il a enseigné l’ethnomusicologie à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel. En tant que chercheur, il s’intéresse aux musiques du Niger, en particulier à celle des Touaregs, auprès desquels il effectue des enquêtes depuis les années 1970. Il a publié plusieurs articles et catalogues sur les Touaregs et leur musique, ainsi que les CD Niger: musique des Touaregs, vol. I et II (2002). Il est membre du comité de rédaction des Cahiers d’ethnomusicologie (Genève).

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Faiza Seddik-Arkam

"A la conquête de l'essuf : le mariage touareg en Ahaggar, entre rites traditionnels et nouvelles influences".

 
Abstract


Une série de rites cyclent la vie des touaregs, commençant dés sa naissance par le rite de la nomination le septième jour de la naissance nommé Isem en langue touarègue tamahaq ou tasmiya en arbe, qui donne lieu à des festivités.
Divers aspects de la vie sociale ritaulisés , opposent deux mondes à la fois antagonistes et complémentaires. Ces deux mondes s'inscrivent dans des rapports complexes opposant le masculin au féminin, la vie et la mort.
Le mariage est un acte d'alliance accompagné d'une série d'échanges et de transactions, c'est aussi un rite de passage mobilisant un potentiel symbolique de pratiques sacrées. Les femmes et les enfants sont fragiles durant ces rites de passages d'un état à un autre. En recevant un nom, l'enfant acquiert une individualité, il subit sa première coupe de cheux qui vont être peignés et ordonnés, il ne risque plus d'être la proie des Kel essuf.
Le mariage lui consiste à reproduire l'ébawel par le biais de la transmission matrilinéaire.Même divorcées les femmes continuent à jouir d'une situation assez confortable, leur frère (l'oncle maternel) se doit de leur assurer la subsistance, à elles et à leurs enfants, et c'est seulement dans le cas d'une union exogame, dans un contexte culturel différebnt que la femme perd cet acquis.
Le mariage nomade tel qu'il est décrit dans cet article correspond à celui qui a lieu dans les campements ou même dans les petits villages semi-sédentaires. Dans ces derniers, ils sont souvent célébrés en plein air, dans un espace ouvert , mais ces rituls subissent des variations en milieu urbain dues aux diverses autres influences culturelles.

 

Biographie

Faiza Seddik-Arkam est docteur en socio-anthropologie à l'université de Franche Comté à Besançon, chercheur associé. Elle a soutenu une thèse de troisième cycle en 2008, sous la direction de Bertrand HELL : La baraka et l’essuf : paroles et pratiques magico-thérapeutiques chez les Touaregs et sahariens du Hoggar. Son domaine de recherche concerne l’étude des pratiques rituelles traditionnelles (naissance, mariage) ainsi que des médecines traditionnelles touarègues et sahariennes et du rapport à la maladie et à la mort (chants et musique de transe et possession, plantes médicinales et rites religieux thérapeutiques) chez les Touaregs Kel Ahaggar (Sahara) et approche comparative avec les sociétés voisines (Afrique de l’Ouest, Maghreb). Elle s’est penchée également sur l’étude des modalités complexes de la transmission des savoirs et des pouvoirs de guérison, celle de la transmission symbolique de la baraka chez les tradipraticiens locaux (savoirs féminins ancestraux actualisés et influence des chorfa-marabouts et autres nouveaux acteurs religieux.
Elle est présidente à Besançon de l'association "iman tamedourt nomade" (souffle de vie nomade) qui travaille à l’organisation de projets culturels et de développements durables autour des populations touarègues et sahariennes.

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